FORUM SECDEF

Comprendre les enjeux

Les rendez-vous du Forum SecDef réunissent régulièrement utilisateurs finaux, politiques et industriels. Ces moments privilégiés d’échange contribuent à établir le dialogue entre les parties prenantes de la sécurité et de la défense en Europe. Ils visent à fournir des idées novatrices et des recommandations concrètes aux décideurs nationaux, européens et de l'OTAN, fondés sur une l’expérience des opérationnels et les connaissances des experts. 

 

Le Forum SecDef comprend des petits-déjeuners, des briefings et des ateliers avec des groupes restreints de 30 à 50 participants - par exemple sur une opération, une crise, une situation ou une expérience particulière. Tenues sous la règle de Chatham House, ces séances permettent aux participants de réfléchir et d’échanger sur les sujets de fond.

RÉCEMMENT

Intelligence artificielle (IA) et Big Data pour le Commandement & Contrôle (C2) 

8 janvier 2019, Bruxelles

Le SecDef Forum a accueilli le 8 janvier 2019 à Bruxelles un public d’une quarantaine de représentants d’États-Membres, de l’OTAN, d’institutions UE et de l’industrie pour un échange sur la transformation du C2, l’Intelligence Artificielle et le Big Data. Le Général Jean-Paul Paloméros, ancien NATO Supreme Allied Commander Transformation et aujourd’hui conseiller sénior chez CEIS, a présidé les débats.

La discussion a commencé par un exposé sur les enjeux actuels et notamment l’explosion du volume des données générées, phénomène connue sous le nom de Big Data, au sein des forces armées. Caractérisé par les 4 V (volume, Vitesse, Variété et Véracité), le Big Data engendre de nombreux défis pour le C2 dont la traçabilité des données et des décisions prises, le risque de perte d’informations à valeur-ajoutée, l’enjeu de l’interconnectivité des systèmes, la résilience et la sécurisation des systèmes C2.

L’IA peut s’avérer être un outil pertinent pour faire face à ces défis, notamment ceux relevant de la vitesse et du volume des données. Les échanges ont permis d’évoquer plusieurs avantages de l’IA. Les technologies d’IA opèrent rapidement de nombreuses actions sur les données : regroupement, fusion, détection de signaux (dont les signaux faibles), production d’analyses et de synthèses, propositions d’options. Ces actions confèrent à l’IA plusieurs fonctions à valeur-ajoutée pour le C2 telles que l’amélioration de la connaissance de l’environnement opérationnel, la réduction du volume d’informations pour une concentration des hommes sur les informations pertinentes et, de façon plus globale, le soutien et l’aide à la prise de décision.

Les fonctions de l’IA appliquées à la sphère militaire ne se limitent pas aux effets cinétiques, puisque les technologies IA offrent un large potentiel dans les domaines logistique, de gestion des ressources (humaines et matérielles), médical, du RETEX ou de l’entraînement.

Une présentation d’Axel Dyèvre, Directeur associé chez CEIS, a notamment permis de voir l’optimisation des interactions homme-machine selon le volume et la structuration des données. La réflexion sur la place de l’homme dans un C2 intégrant de plus en plus de technologies IA se révèle d’autant plus importante au regard de la nature sensible du monde militaire. En effet, l’IA requiert des conditions d’emploi qui ne sont pas forcément réunies, de façon pérenne, par les forces armées, notamment en opération : connectivité continue, accès à des données structurées et confiance envers la technologie.

L’intervention de Pierre Goetz, Senior Manager chez CEIS, a ensuite mis en lumière différentes approches nationales (USA, Chine, Russie, Israel) quant à la vision stratégique, les moyens et les ambitions à déployer pour une utilisation de l’IA pour le monde militaire.

Les différentes présentations et interventions effectuées lors de ce SecDef Forum ont alimenté une interaction dynamique avec les participants, entre autre sur le « mode dégradé »  et de la dépendance technologique. La nécessité d’intégrer des innovations et expertises issues du secteur privé à la sphère militaire a été invoquée, ainsi que l’importance d’éduquer le grand public aux usages militaires de l’IA afin de sortir du débat réducteur, mais très présent dans les médias généralistes, sur les « robots tueurs ».

L'innovation pour les forces armées et de sécurité en Europe

20 novembre 2018, Bruxelles

Le premier petit-déjeuner SecDef Forum qui s’est déroulé le 20 novembre 2018 a réuni une quarantaine de représentants des institutions européennes (Commission, Parlement, Conseil, AED), des États-membres (France, Belgique, Italie, Pays-Bas, Allemagne, Grèce), de l’OTAN et d’industriels européens. 

 

Un retour d’expérience sur le fonctionnement du laboratoire d’innovation du Ministère des Armées français (DGA Lab) a été fait par Axel Dyèvre, Directeur associé de CEIS. CEIS a crée ce concept innovant dédié à la découverte d’innovations civiles pertinentes pour les Armées et à l’amorçage de projets pour les start-ups en 2013. En 6 ans d’opération, l’équipe CEIS en charge du DGA Lab a organisé 120 activités, accueilli

5 000 participants auxquelles ont été présenté 160 sociétés. 30% de ces sociétés ont eu des contrats à la suite de ce passage.

 

La « méthode DGA Lab », transposable à d’autres domaines où l’innovation est un enjeu de premier ordre, porte les innovations civiles à la connaissances des Armées et facilite l’adoption rapide de solutions adaptées, créant un lien solide entre une demande opérationnelle et offre technologique. Les résultats illustrent la pertinence de la méthode et des solutions sélectionnées par l’équipe CEIS. 

La présentation a donné lieu à une discussion animée sur la durée des cycles d’acquisition des forces armées, en opposition directe aux cycles courts de l’innovation, sur la nécessité de stimuler l’innovation au niveau européen, avec par exemple le financement de technologies de ruptures par le Fonds Européen de Défense ou la création d’une communauté incluant de nouveaux acteurs.

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